Le rubis est un corindon hyalin d’un beau rouge sang de boeuf, trop souvent altéré par des reflets laiteux, qui, à part ses autres caractères physiques, le fait aisément reconnaître. Le velouté qui le distingue, joint à sa pesanteur spécifique bien supérieure aux autres gemmes, puisqu’elle atteint 4,2833, son extrême dureté, sa transparence et son beau poli font du rubis la pierre précieuse la plus remarquable et la plus estimée après le diamant. Celui dont nous parlons constitue le rubis oriental seul vraiment estimé; l’autre variété s’en éloigne à beaucoup d’égards et se nomme rubis spinelle et par une seconde décroissance en qualités, rubis balais.
Les rubis n’ont pas de formes bien déterminées, quelques-uns sont octogones, d’autres arrondis, beaucoup sont presque demi-cabochons, c’est-à dire aplatis par un des côtés, la forme la plus commune est l’ovale imparfait.
Les plus beaux rubis viennent de Ceylan, puis de l’Inde et de la Chine. Ils sont composés d’alumine presque pure colorée par l’oxyde de fer. Les rubis d’un certain poids étant très rares, arrivent à dépasser le prix du diamant.
Mais pour cela, ils doivent réunir une masse de qualités : couleur nettement accusées limpidité parfaite, poli vif et velouté, forme pure et bonnes proportions. Ces dernières diffèrent cependant de celles du diamant, en ce sens qu’on doit donner beaucoup plus au-dessous de la pierre qu’au-dessus.
Le rubis oriental a la réfraction double et subit la plus grande violence du feu sans altération de forme et surtout de couleur; cette dernière qualité semble plutôt augmenter.
Le rubis spinelle, beaucoup plus commun, surtout en grandes pierres, est moins riche en couleur et tire plutôt sur le rouge ponceau, sa dureté est beaucoup moindre et sa pesanteur spécifique aussi, puisqu’elle ne dépasse pas 3,7.
Il diffère encore par sa réfraction simple et sa composition bien moins riche en alumine et qui offre de la magnésie. Quant à sa coloration, elle est due à l’acide chromique. Ses formes naturelles sont l’octaèdre régulier et parfois le tétraèdre, presque toujours modifiées, mais présentant néanmoins plus de faces indiquées que le rubis oriental.
Le rubis balais, troisième et dernière qualité du rubis, est de couleur rouge clair ou rouge groseille, tirant parfois sur le vineux ou le violet. Ses diverses nuances sont très rarement bien accusées; encore moins dur que le spinelle, il prend cependant un assez beau poli, qu’on peut attribuer à la finesse de sa pâte qui contient plus de magnésie que le spinelle. Du reste, à moins d’être d’une grandeur et d’une beauté hors ligne, il a peu de valeur. Le rubis balais, ainsi que le spinelle, n’offrent jamais de reflets laiteux. Sa pesanteur spécifique est de 3,646.









