Le jais est une espèce de houille compacte à tissu très fin, serré, très dur, du plus beau noir et susceptible, par conséquent, de recevoir un beau poli.
Toujours en lames superposées, il est facile à cliver; sa cassure est conchoide et souvent très luisante.
On rencontre dans ses interstices des veines pyriteuses et des fragments ou petits grains de marcassites.
Sa pesanteur spécifique de 1,3 est presque nulle, car on en trouve qui surnage l’eau.
Cette substance s’enflamme promptement dans le feu en exhalant souvent une odeur fétide et frottée, acquiert la vertu magnétique; aussi quelques-uns l’ont-ils nommée ambre noir.
Le jais, quoique peu dur, a cependant une consistance suffisante pour pouvoir être tourné, taillé, faceté, poli et percé. On lui redonne une espèce d’éclat, quand le temps et l’usage l’ont terni, en le frottant avec de l’huile de noix.
Le jais se trouve naturellement dans les mines de houille en masses arrondies de toutes grosseurs, pesant parfois 25 kilos; semblable en cela au schiste ardoisier, il porte souvent des empreintes de poissons.
L’Allemagne, l’Angleterre, la Russie, l’Espagne et surtout la France possèdent de nombreux gîtes de jais et les départements de l’Aude, du Var, des Pyrénées, de l’Ariége, des Ardennes, sont renommés pour cette production. Au siècle dernier, le département de l’Aude comptait douze cents ouvriers occupés à le tailler en coupes et à le tourner en boules, en boutons, pour bracelets, colliers, chapelets et en pierres facetées pour bijoux de deuil.
Depuis, cette industrie a périclité; quelques importations et exportations ont encore lieu de temps en temps pour la Turquie, le Sénégal et surtout l’Espagne. Mais cette matière a été remplacée par une imitation assez heureuse, quoiqu’on eût pu trouver mieux, car la tourmaline noire possède bien plus d’éclat et la mêlanite de Brochent est d’un plus beau noir.
L’obsidienne, découverte en Ethiopie par Obsidius, pourrait encore sertir à cette spécialité, que l’habitude du luxe, même pour le deuil rend presque une nécessité.
Le jais de Russie, un des pays où il abonde le plus, parait être le résultat d’une sorte de pétrole desséché, car on en emploie beaucoup à la confection d’une ciré à cacheter.
Le jais factice est formé par une espèce de verre noirâtre qu’on taille à facettes ou que l’on souffle en boules; on donne le noir à ces imitations au moyen de cires noires qui les emplissent ou les collent sur les bijoux en fer.






