Bien qu’il se rencontre, dans la nature, une foule de silicates alumineux ferrugineux, nous croyons qu’il n’y a réellement d’employés en joaillerie que deux sortes de grenats. Le grenat oriental ou syrien et le grenat ordinaire, beaucoup plus commun et bien moins beau et , d’ailleurs, différent de couleur, qui nous est fourni par la Bohême et la Hongrie.
Le grenat syrien se rencontre rarement en masse; il est le plus souvent en grains arrondis et cristallisés.
Dans le premier cas, sa surface est généralement rude et inégale; à l’état de cristal, il est toujours lisse. Sa forme primitive est le dodécaèdre rhomboidal, mais on le trouve presque constamment en cristaux dodécaédriques tronqués sur tous les bords, ou en une double pyramide aigue, à huit pans, ou encore en une pyramide tétraèdre rectangulaire.
A l’extérieur, brut ou taillé, le grenat est peu éclatant, mais il reflète admirablement la lumière naturelle et tourne au brillant.
Dans son grand état de beauté, il est très transparent, quoique souvent translucide. D’une pesanteur spécifique de 4, il raye le quartz et parfois la topaze.
Très cassant, sa fracture est totalement conchoide. Sa réfraction est simple.
Poussé à un bon feu de chalumeau, il se fond en une sorte d’émail noir parfois vif, parfois en scorie.
Les plus beaux grenats syriens viennent de Pégu, ou Syriam, d’où leur vient leur dénomination.
Il y a de très gros échantillons de grenat, quelques-uns atteignent la grosseur d’une orange, mais ces masses sont toujours presque opaques et ne sont prisées que comme objets de curiosité.
Le peu de dureté relative du grenat et ses dimensions l’ont fait assez souvent employer dans la gravure sur pierres fines, particulièrement en creux, mais aussi parfois en relief.
On peut admirer au musée de minéralogie du Jardin des Plantes de Paris, deux de ces pierres illustrées, représentant, l’une, un masque de Silène couronné de pampres, l’autre Carpurnie inquiète sur le sort de César.
Nous citerons encore parmi les sujets gravés sur grenat : le buste d’Adrien, du cabinet Odescalchi, d’un grand mérite, la Vénus Génitrix, de l’abbé Pullini, à Turin et la tête d’Auguste, mentionnée par Bracci et appartenant au prince d’Orange; et enfin le chien Syrius, dont la belle tête, gravée sur un magnifique grenat par Coli, passe pour ce qu’il y a de mieux en ce genre.
Pour le praticien, l’origine importe peu pour lui, un grenat est un grenat, de quelque lieu qu’il provienne; et si l’on voulait s’arrêter à cette considération, on ferait un in-folio de cette seule pierre.
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Nous nous contenterons donc, après notre historique et nos appréciations, de citer les grenats de Lydie et d’Arménie, supérieurs en pâte à ceux de nos contrées, mais d’une couleur moins vive et renfermant comme les nôtres des amas ferrifères qui les tachent et les obscurcissent.
Les grenats de Norvège que l’on trouve dans une roche talcqueuse mêlée de quartz, ceux de Madagascar, assez grands d’un beau rouge et ressemblant beaucoup à ceux de Bohême; ceux de Russie, de forme octaèdre et parfois polygone et qui approchent, pour la couleur seulement, du grenat syrien; ceux de Prague, dont on trouve une immense quantité dans les champs voisins et qui, taillés en perles mal facetées ou en olivettes, servent à faire des colliers, des chapelets, bracelets etc. etc. les grenats du pré Yserin, aux frontières de la Silésie, ceux-ci sont très rudes au sortir de la mine et plutôt d’un rouge spinelle que grenat; ceux de Zoeblitz, en Misnie, que l’on trouve engagés dans la serpentine; les grenats noirs opaques de divers lieux, les jaunes amorphes de Corse etc. etc.





