Cette espèce particulière de diamant est le plus souvent de forme parfaitement sphérique et sa cristallisation est tellement confuse qu’on ne peut la comparer qu’aux noeuds les plus compliqués de certains bois.
C’est un enchevêtrement de parties moléculaires sans ordre et sans liaison suivie, unies seulement par leur extrême adhérence, principe de leur excessive dureté. Aussi, cette espèce toute particulière de diamant ne peut-elle subir l’opération du clivage, si précieuse et si facile dans les cristaux parfaits à lames superposées.
Le boort, presque toujours rond, mais présentant parfois des formes cristallines, bien que généralement mal indiquées est à l’extérieur beaucoup plus rugueux encore que certains diamants bruts.
Il est le plus souvent d’un blanc grisâtre ou noirâtre et n’est pas aussi susceptible de diverses couleurs que le diamant à cristallisation accusée ou régulière
Sa pesanteur spécifique est un peu plus forte que celle du diamant ordinaire dont le maximum est de 3,6. Celte espèce ne doit pas être confondue avec les diamants octaèdres à arêtes courbes et à faces bombées qu’on emploie particulièrement à couper le verre. Ceux-ci sont simplement à lames curvilignes, tandis que le boort est un inextricable amas de parties contournées et nouées dans tous les sens possibles.
Le boort n’est et ne peut être employé qu’à user et polir le diamant régulier. Pour en obtenir cet effet, on le concasse et on le pulvérise dans un mortier ad hoc et sa poussière mêlée avec de l’huile et étendue sur une plateforme en fer doux, remplace avantageusement l’égrisé, produit du frottement de deux diamants.
Cette curieuse minéralisation du carbone ne peut être prise comme une production amorphe, car sa forme, presque constamment sphérique, l’en éloigne considérablement et le boort est (peut-être) le seul exemple d’une déviation aux règles de cristallisation du savant Haüy, en ce sens que le boort ne contient pas de noyau ou cristal primitif.
On sait que, quelles que soient les aberrations de forme de certains cristaux, on peut, au moyen du clivage, les ramener à une forme précise et déterminée; mais, pour le boort, cela est impossible, sa contexture entortillée ne permettant jamais de le fendre régulièrement; quels que soient sa grosseur et son poids, qui varient de 1 grain à 200 et plus, on n’en peut rien tirer. Des expériences décisives ont fait connaître que ses molécules constituantes sont aussi divergentes dans le coeur du cristal qu’à sa surface.





