On nomme clivage l’action mécanique au moyen de laquelle on sépare les différentes couches ou lames, dont l’assemblage plus ou moins serré constitue les cristaux.
Cette opération, très facile sous le rapport du travail manuel, exige cependant une grande connaissance de l’accroissement des cristaux chez le naturaliste, ou une grande habitude chez l’ouvrier cliveur, vulgairement nommé fendeur.

Pour l’exécuter on prend une lame d’acier bien trempée, à tranchant légèrement arrondi, que l’on applique sur l’assemblage à l’endroit que l’on veut séparer et, si la lame est bien placée, un léger coup sec du marteau suffit pour obtenir la disjonction.

On sait que dans toute masse à structure cristalline, l’arrangement des molécules est tel, qu’on peut se figurer cette masse comme étant formée dans plusieurs sens par une succession de lames planes superposées.

Ces lames, quelque adhérentes qu’elles soient entre elles, ne se touchent pourtant pas, elles sont réellement séparées par des fissures planes, fait invisible à nos yeux, même aidés de nos plus puissants instruments, mais qui est incontestablement démontré par le clivage facile des substances minérales les plus dures.

Lorsqu’un cristal a été divisé dans un sens par des coupes nettes, on peut toujours continuer à diviser les fragments de ce cristal parallèlement aux faces que l’on a mises à nu, en sorte que le cristal entier, malgré l’extrême adhérence de certains fragments, peut être partagé en lames d’une ténuité extraordinaire.

Cela explique comment on parvient à tailler des diamants si menus qu’il peut s’en trouver deux mille dans un carat de poids et cependant la dureté de cette pierre est proverbiale.

Il est des substances qui ne peuvent être clivées bien nettement que dans un seul sens, elles ne sont alors qu’à structure laminaire, d’autres sont susceptibles de clivage dans plusieurs sens à la fois, grâce à leur structure polyédrique. Souvent encore, dans certains cristaux, le nombre des clivages est tel que les fragments qu’on en détache sont terminés de toutes parts par des plans.

Les carbonates, les sulfates, toutes les substances alcalines et salines se prêtent facilement à l’opération du clivage, telle que nous l’avons décrite, mais s’il s’agit de substances minérales dures, telles que le diamant, les corindons etc., on est souvent obligé de tracer un sillon dans l’endroit que l’on veut séparer et parfois tout autour du cristal.

On obtient ce sillon dans les pierres dures, soit an moyen d’une pointe de diamant, soit avec une lame de carbone, soit en sciant la pierre au moyen d’an fil de fer enduit d’égrisée (poudre de diamant), humecté d’huile. Ce travail, on le comprend, demande beaucoup de patience et une grande précision.

Le clivage ne peut bien se pratiquer que sur les minéraux cristallisés; on peut casser les autres, mais non les séparer régulièrement.

Le diamant se clive facilement, on en obtient de grandes lames excessivement minces qui, taillées, prennent le nom de roses d’Anvers et ces lames si minces pourraient encore se diviser si les ressources de tout art n’étaient naturellement bornées.

Dans toutes les pierres précieuses du genre corindon, le clivage présente souvent de grandes difficultés et les lames séparées sont rarement d’une netteté parfaite, on y remarque plutôt la cassure conchoide que la division lamelleuse, circonstance encore à l’appui que ces pierres sont fondues.

En général, la fracture varie suivant la texture du cristal. Dans les substances minérales compactes, on la voit tantôt unie, concheide, squilleuse etc.; d’autres fois inégale, hachée, terreuse etc.
Le clivage, indépendamment de son action spéciale de diviser les minéraux, a pour but principal, dans leur exploitation, de corriger les vices de forme résultant d’une agglomération de matière cristalline plutôt dans un sens que dans un autre, ce qui a produit un cristal irrégulier.

Cette faculté est excessivement précieuse pour toutes les pierres gemmes et surtout pour le diamant, qui perd souvent de sa valeur, étant taillé, s’il ne possède pas une forme régulière. Or, cette pierre, surtout dans les gros cristaux, présente parfois d’étranges aberrations de cristallisation, qu’un bon cliveur doit savoir corriger pour le ramener à une bonne forme en éliminant le moins de matière possible, afin de conserver du poids, une des plus grandes valeursdu diamant.