Minéralogie: Adulaire – Pierre de Lune

Du latin Adula, ancien nom du mont Saint-Gothard, où l’on trouve la plus belle espèce d’adulaire dans la montagne de Stella. On l’a appelée aussi pierre de lune argentine. C’est le feldspath chatoyant, nacré, le plus pur qui existe.

pierre de lune - adulaire

pierre de lune - adulaire


Les cristaux de cette substance ont une de leurs faces profondément striée dans la direction de la plus longue diagonale. Leur noyau primitif est un prisme oblique à pans rhomboidaux, dont la base est un parallélogramme obliquangle; les formes secondaires sont un prisme oblique à quatre faces, un prisme rectangulaire large, une table à six faces et un prisme rectangulaire à quatre faces. Quelquefois les cristaux sont accouplés.

On rencontre dans les masses d’adulaire à l’état brut, des parties qui, quoique rapprochées et à l’état d’union, présentent différents degrés de dureté, les unes sont opaques, d’autres translucides, certaines entièrement limpides et c’est le mélange naturel de ces divers états de cristallisation qui produit le chatoiement et l’éclat nacré de cette substance.
Ainsi, comme on le voit, cette pierre est parfois opaque et quelquefois demi-transparente. On la rencontre en général cristallisée, mais bien souvent aussi à l’état massif et souvent opalescente, en France, en Allemagne, eh Suisse, en Norvège, dans le Groenland, aux Etats-Unis etc. etc. On en recueille, dans l’Ile de Geylan, des morceaux roulés présentant les plus belles irisations de la nacre. Celle qui vient du Saint-Gothard est transparente avec des reflets blanchâtres et une teinte de vert et de bleu, d’autres ont l’orient des perles.

L’adulaire, spécialement de couleur blanc verdâtre, irisée, représentant parfois une espèce d’oeil de poisson, souvent en lames très minces, devient par réflexion d’un rouge de chair pâle, très éclatanle, cette pierre est remarquable par son éclat particulier et saisissant, tenant le milieu entre le nacré et le vitreux.

Facile à employer à cause de son triple clivage, elle est frangible et possède la réfraction double. Sa cassure est imparfaitement conchoide. Sans nulle faculté électrique, elle n’agit pas même sur aiguille aimantée. Soumise au chalumeau elle se fond en un verre blanc transparent. Sa pesanteur spécifique est de 2,5, sa chaleur spécifique est de 0,1861.

Elle est moins dure que le quartz, quoique rayant faiblement le cristal de roche. Il est cependant assez difficile de préciser le juste degré de dureté de cette pierre, car le même morceau présente diverses parties irisées naturellement tendres, puis d’autres, d’un blanc de lait, bien plus dures et enfin celles diaphanes dépassent de beaucoup la résistance du cristal.

Analysée elle donne :

Alumine 20
Silice 64
Potasse 14
Chaux 2

On en fait des bagues, des épingles etc. etc., souvent remarquables par les reflets de blanc nacré qui semblent se mouvoir dans l’intérieur de la pierre, taillée en cabochon, lorsqu’on agite ces objets.

Cette substance minérale, quelque singularité qu’elle présente, doit encore plus à l’art du lapidaire qu’à sa beauté naturelle. L’artiste habile obtient ces beaux effets par des coupes heureusement dirigées et qui suivent une inclinaison aux plans des différentes lames et la taille en cabochon ou goutte de suif vient encore à son aide en produisant les ondulations, cause des reflets nacrés et parfois irisés.

Une variété assez curieuse d’adulaire (pierre de lune) provient de Sibérie; elle est de couleur jaunâtre, présentant en quantités innombrables des taches dorées disséminées à traders toute sa surface. Ces réflexions de lumière paraissent être dues à de très petites fentes, ou peut-être à une confusion dans le système lamellaire. Les plus belles, taillées invariablement en cabochon, offrent des reflets étoiles partant du centre, mais elles sont très rares.

On a confondu à tort cette variété avec l’aventurine orientale, dont elle n’a ni la dureté ni la finesse de points.

En résumé l’adulaire qui nous vient de Ceylan mérite seule le nom d’orientale, elle est en majeure partie en morceaux plus grands que celle du Saint- Gothard, leur pâte est plus uniforme, non striée, mais elle n’a pas autant d’éclat que cette dernière, dont les effets chatoyants et leur blancheur légèrement azurée sont indéfinissables.

Malheureusement l’adulaire du mont Saint-Gothard présente des stries obliques et transversales, qui lui font singulièrement de tort.